Séminaire autour du défi de l'éducation

Vendredi, 5 février 2009
9 h 30 – 16 h 30
Université Permanente, 2 bis bd Léon Bureau, salle 214

Journée animée par :

Cristovam Buarque, sénateur et ancien ministre de l’éducation du Brésil
Martine Lani-Bayle, professeur à l’Université de Nantes
Alfredo Pena-Vega, enseignant-chercheur, Centre Edgar Morin-EHESS/CNRS

Ce séminaire s’inscrit dans une prolongation des travaux des cercles réflexifs qui ont eu lieu à l’occasion de l’Université internationale européenne d’été 2009 à Poitiers.

Défi de l’éducation. Au défi de la pensée, un autre défi s’impose : celui de l’éducation. Notre système actuel est fondé sur la séparation : séparation des savoirs, des disciplines, des sciences. Un nouveau système d’éducation, fondé sur le dialogique, radicalement différent donc de celui qui existe actuellement, pourrait s’y substituer. Ce système permettrait de favoriser les capacités de l’esprit à mieux penser les problèmes fondamentaux de l’humanité dans leur complexité et leur globalité. 
Les enjeux de ce défi sont principalement de permettre l'accès à la connaissance et au savoir pour tous mais, aussi, intégrer l'humanisation et l’éthique au sein de l'éducation. Le but étant que l'éducation devienne un bien public et un bien culturel et ne soit plus considérée comme une marchandise comme elle l’est trop souvent.
Au cours de l’Université d’été de Poitiers 2009, les intervenants ont insisté pour que des changements soient effectués au niveau de l'éducation pour une éducation qui mène à la citoyenneté et à la libération. L'éducation doit dès lors être redéfinie avec la participation de tous les acteurs concernés, de nouvelles missions établies pour les éducateurs, enseignants et formateurs, de nouveaux projets élaborés.
Ces intervenants ont aussi exprimé qu’ils considèrent que l'éducation doit révéler la créativité et le potentiel des personnes. L'éducation doit être le lieu du savoir, ce qui nécessite son décloisonnement. L'éducation doit passer d'une logique de consommation à une logique de production des savoirs en y intégrant le
facteur humain, car apprendre peut générer des peurs, des obstacles ou de fortes résistances.
Une réforme de l'éducation est en ce sens à réfléchir et à construire : il n'y aura pas de solution toute faite, l’éducation ne peut obéir à un modèle unique tant elle est plurielle et diverse.
C’est ce dont nous proposons de discuter lors de cette journée afin d’élaborer des pistes et des préconisations communes en vue de la prochaine Université d’été 2010 à Poitiers sur le thème des sept défis pour une politique de civilisation.