Ouest-France Dimanche 6 janvier 2008

Ouest-France Actualité Loire-Atlantique

Un « Place Publique Montpellier » en projet

Un an après sa création, la revue urbaine Place Publique (Nantes et Saint-Nazaire) projette d'essaimer,avec une édition « Montpellier ».

Première revue urbaine de ce type en France, croisant débat public et contributions scientifiques, Place Publique a été lue ailleurs qu'à Nantes et Saint-Nazaire. « La revue a été remarquée par d'autres revues, comme Esprit et Urbanisme, note avec satisfaction son directeur, Thierry Guidet. Et d'autres villes ont envie d'une revue de ce type. Nous avons reçu une délégation de Montpellier, où il existe une école de géographie urbaine. Un Place Publique Montpellier est envisageable avant la fin 2008.»

Le numéro 7 en kiosque

En presque mille pages sur six numéros, une centaine d'auteurs y ont parlé de l'étalement urbain et du beurre blanc. Six numéros, 960 pages : Place Publique a déjà un an, et constitue déjà une mine d'informations, un espace de débat considérable. Il suffit de jeter un coup d'oeil à l'index qui clôt le numéro 7 de la revue. D'Abstention à Voruz (fondeur nantais), de Bananes à Cherhal (Jeanne), de Chaillou (Michel) à île de Nantes, en passant par Étalement urbain et Mâche nantaise, la revue a creusé et labouré.

«Nous avons reçu de nombreux témoignages de lecteurs satisfaits de la réflexion citoyenne que nous proposons sur une ville qui continue à se construire», assure Jean-Claude Murgalé, directeur de la publication.

La marche économique de cette revue, principalement soutenue par la Ville et Nantes Métropole, se mesure par sa diffusion.

«Nous vendons en moyenne 1 500 exemplaires par numéro, indique Thierry Guidet, soit 5 000 lecteurs. Car de nombreuses bibliothèques, comités d'entreprises achètent Place Publique.»

La revue atteint les 300 abonnés. «Et le premier test de renouvellement est concluant : tous les 150 premiers abonnés, ou presque, se sont réabonnés.»

Autre indicateur : la montée progressive de la diffusion, après le premier moment de curiosité. Ainsi, le numéro 4, consacré à l'Île de Nantes et à Estuaire 2007, est épuisé. Et il ne sera pas réédité.

« On s'empare de la revue »

Existe-t-il des indices de l'inscription effective de la revue dans le débat public ? « Oui, répond Thierry Guidet. On s'empare de Place Publique. L'Université permanente de Nantes (forte de six mille adhérents) nous a demandé d'organiser un cycle de conférences sur des sujets comme «les étrangers à Nantes» ou «les enjeux des municipales». Varades nous a invités à une réunion publique sur Varades dans vingt ans.»

Née à Nantes, Place Publique entend « privilégier la raison sur l'émotion et le texte sur l'image. Réfléchir n'est pas élitiste, et nous ne sommes pas prêts à affadir notre exigence », assure Thierry Guidet, qui défend une maquette moderne (conçue par Nata Rampazzo, concepteur de la nouvelle formule de Libération), avec ses petits résumés parsemés : on survole la revue avec plaisir, avant de s'y poser pour deux mois de lecture.

L'indépendance politique de Place Publique, principalement financée par Nantes (80 000 €) et Nantes Métropole (30 000 €) a suscité de légitimes interrogations de l'opposition au conseil municipal de Nantes. Réponse de Thierry Guidet : «Regardez l'index des personnalités interviewées en 2007 : j'y vois Sophie Jozan [candidate UMP aux municipales], pas Jean-Marc Ayrault.»

Daniel MORVAN.

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