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LE NUMÉRO 30 de Place publique. Six numéros par an, cinq ans d'existence cela représente trente numéros – eh oui – 4 800 pages, c’est-à-dire une banque de données unique sur Nantes/Saint-Nazaire qui, dès aujourd’hui et certainement dans les années à venir, fait et fera le miel des chercheurs. Des dossiers sur le château des ducs de Bretagne et sur l’estuaire de la Loire, sur l’Île de Nantes et sur l’étalement urbain, sur le pouvoir des maires et sur Julien Gracq, sur Mai 68 et sur la bretonnité de Nantes, sur la communication des villes et sur le rapprochement Nantes-Rennes, sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et sur Jacques Demy, sur l’avenir du football et sur la sensualité des villes, sur la gouvernance de la métropole et sur Nantes en 2030, sur le tourisme et sur le rôle des architectes, sur la biennale Estuaire et sur la traite négrière…■
À CÔTÉ DE CES DOSSIERS, une foule d’articles plus brefs qui donne à la table des matières de Place publique l’allure d’un inventaire à la Prévert : Baleines et Beurre blanc, Carrier (Jean-Baptiste) et Compagnie générale transatlantique, Éléphant et Enfants nantais, Tri Yann et Vallès (Jules), Lancastria et Magnolias… Le point commun à tout cela ? Nantes et Saint-Nazaire bien entendu. L’attention portée à une certaine manière de vivre ici, forcément singulière par l’histoire et par la géographie, par la lumière et par les eaux, et en même temps l’intérêt marqué aux grandes questions urbaines, nécessairement communes à Nantes, à Lille, à Bordeaux, à Barcelone, à Brême ou à Milan. Rien de ce qui est urbain ne nous est étranger.
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SOYONS PRÉCIS : très exactement 373 auteurs ont, à ce jour, écrit dans Place publique, à qui il faut ajouter 129 personnalités ayant participé à des entretiens ou à des débats retranscrits dans la revue. Parmi eux, des Nantais et des Nazairiens bien sûr, mais aussi des chercheurs et des acteurs du développement urbain de toutes les grandes villes de France dont l’expertise et la distance nous aident à décentrer notre regard. Et, bien entendu, des contributeurs étrangers aussi : Italiens, Allemands, Belges, Espagnols, Néerlandais, Suisses, Sénégalais, Américains, Britanniques…
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URBANISTES ET PHILOSOPHES, historiens, géographes, sociologues, économistes, politologues, architectes, juristes mais aussi artistes, responsables politiques – dont le Premier ministre, signataire d’un texte sur Olivier Guichard, cinq ans après sa disparition – syndicalistes, médecins, journalistes et, comme on dit un peu sottement, « simples citoyens » : il est peu de branches du savoir et de l’action qui n’aient trouvé leur place dans ces colonnes. Un mot, peut-être, sur les écrivains : Pierre Michon, Mathias Énard, Jean Rouaud, Paul Louis Rossi, Sylvain Coher, Patrick Deville, François Bon, Philippe Forest, Christian Garcin, Brigitte Giraud, Michel Le Bris, Jean-Claude Pinson, Jean-Louis Bailly, Éric Pessan, Bernard Comment, Michel Chaillou, Tanguy Viel, Danielle Robert-Guédon… J’en oublie. Il y a de quoi remplir quelques rayons d’une bibliothèque qui ne serait pas la pire des bibliothèques. Un mot aussi des architectes et urbanistes croisés au fil des numéros : Alexandre Chemetoff, Jean-François Revert, Nicolas Michelin, Jacques Ferrier, Philippe Madec, Jean-Pierre Pranlas-Descours, François Grether, François Leclercq, Christian Devillers, Patrick Bouchain… De quoi construire une ville qui ne serait pas la pire des villes.
Et puis, si vous hésitez encore sur l’emploi du temps de votre week-end : nous avons, en cinq ans, chroniqué plus de 500 livres et de 300 disques
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LA REVUE ELLE-MÊME demeure évidemment le vaisseau amiral de notre petite flottille. Mais elle s’accompagne de hors-série thématiques réalisés avec un nombre croissant de partenaires : Les Chroniques de l’Île, dont le cinquième volume sortira ces jours-ci, qui suivent pas à pas la construction de l’Île de Nantes, l’un des plus importants chantiers urbanistiques aujourd’hui en France ; Saint-Nazaire, ville port, consacré à une autre grande mutation urbaine à l’autre bout de l’estuaire ; Xynthia, une tragédie prévisible, avec le concours de géographes et d’historiens, qui décrit et analyse la catastrophe dont fut frappé le littoral vendéen en février 2010 ; La Folle Journée : une ville à l’unisson ? qui rend compte de cet ébouriffant festival de musique classique. D’autres projets sont en cours, d’autres manières de parler de notre territoire, qui prolongent et complètent Place publique.
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UNE REVUE DE RÉFLEXION ET DE DÉBATS, annoncions-nous lors du lancement. Or le débat ne peut se circonscrire à nos colonnes. Il doit se dérouler publiquement, physiquement. Ce qui nous conduit, là encore avec de nombreux partenaires, à animer la vie des idées dans la métropole. Philosophes, économistes, géographes, urbanistes, sociologues sont, presque chaque mois, les invités de Questions publiques, un cycle organisé avec le Conseil de développement, le Centre de communication de l’Ouest, et, plus récemment, l’Agence d’urbanisme de la région nantaise. Nous avons aussi contribué au débat à Saint-Nazaire dans le cadre de l’exposition Petite Planète ou à Rezé, l’an dernier, pour une journée d’études sur les quelques villes depuis longtemps ancrées à gauche en Basse-Loire. Cette rencontre va connaître une suite en ce mois de novembre avec le colloque sur les villes de gauche dans le Grand Ouest depuis 1977. En compagnie des Maisons des sciences de l’homme de Nantes et de Bretagne, nous avons mis sur pied, au début de cette année, deux journées internationales sur l’Université et les territoires, à qui nous avons donné une suite, aussitôt connus les résultats provisoires du Grand Emprunt dans l’Ouest. Le Master Villes et Territoires de l’université de Nantes et la Chambre d’agriculture, le conseil régional de l’Ordre des architectes et le comité départemental des personnes âgées, les partisans d’un lycée Freinet et le comité du souvenir de la Résistance, la Région Midi-Pyrénées pour ses ateliers du patrimoine, les urbanistes de Metropolis… voici une liste, qui n’est pas limitative, d’organismes et d’associations avec qui nous avons, cette année, fait vivre le débat.
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NOUS RESTONS PERSUADÉS que le papier reste le support le plus commode pour lire une revue comme Place publique. Cela ne nous empêche évidemment pas d’être présents sur internet et de préparer une édition sur tablettes numériques. Notre site offre la particularité d’être très fréquenté depuis l’étranger. Le mois dernier, l’ordre des consultations au-delà de nos frontières était le suivant : en tête, la Belgique, suivie du Canada, de l’Algérie, de l’Italie, de la Suisse, des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de la Tunisie, de l’Espagne, du Maroc, de la Guinée, des Pays-Bas, du Portugal, du Japon, de l’Australie, du Sénégal, de la Bosnie-Herzégovine, de l’Ukraine, de l’Argentine, de la Thaïlande, du Liban, de l’Équateur, de la Norvège, du Burkina-Faso sans oublier des DOM-TOM comme la Guadeloupe, la Réunion, la Nouvelle-Calédonie… Joli tour du monde. En France, après Nantes, Rennes et Paris, la fréquentation se répartit de manière à peu près égale entre les grandes métropoles. Si vous le souhaitez, vous pouvez augmenter le nombre de ceux qui nous suivent sur Facebook – en route vers les 500 – et commander, sur notre site, une version numérique des numéros épuisés.
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IL NE FAUDRAIT PAS que cette esquisse de bilan tourne à l’exercice d’autosatisfaction. Rassurez-vous, nous sommes très conscients de nos imperfections. Et puis, autant l’avouer, nous avions rêvé à un essaimage plus important de la revue. Rennes notre voisine a importé la formule. Au moment où nous sortons notre numéro 30, c’est un numéro 14 qui voit le jour sur les bords de la Vilaine. Ce cousinage joue son rôle dans le rapprochement entre les deux villes.
Mais Montpellier, Lyon, Paris, Toulouse qui se sont intéressées de près à notre expérience n’ont pas jusqu’à présent sauté le pas. Ce qui signifie qu’il faut réunir un certain nombre de conditions favorables, créer un écosystème favorable à l’éclosion d’une revue et que cela n’est pas donné à toutes les villes. Pourtant, j’ai la faiblesse de la croire, si Place publique n’existait pas, il faudrait l’inventer.












































